« Dans le sport, il ne devrait y avoir aucune discrimination fondée sur le genre. Je veux voir des filles capables de prendre ma place, de me dépasser et de porter haut les couleurs de notre pays. Pour y parvenir, elles doivent développer leur estime de soi, persévérer, aimer le sport et faire preuve de courage. Chers parents, chers éducateurs, nous sommes arrivés à cette étape parce que nos parents nous ont soutenu en nous laissant aller jouer comme les autres. S’il vous plait, soutenez vos filles. » Francine NIYONSABA, Ambassadrice du projet Toutes en Sport de PLAY au Burundi.
A l’occasion de la Journée internationale de la fille, le 11 octobre 2026, l’ambassadrice internationale du projet Toutes En Sport (TES) a mobilisé son parcours d’athlète pour encourager les jeunes filles à croire en leur potentiel, à oser le sport et à poursuivre leurs ambitions. À Ruyigi, son message s’adresse aussi aux familles : les filles ont, elles aussi, leur place à l’école, sur les terrains et sur les pistes d’athlétisme.
RUYIGI, Burundi — Elle connaît ce stade, ses pistes et les rêves qui peuvent y naître. C’est à Ruyigi, dans sa région natale, que Francine Niyonsaba a commencé à courir, avant de porter les couleurs du Burundi sur la scène internationale. Athlète burundaise de renommée internationale, ell est vice-championne olympique du 800 m en 2016, double championne du monde en salle (2016 et 2018), vice-championne du monde en 2017 et détentrice du record d’Afrique du 2 000 m.
Le 11 octobre dernier, elle y est revenue non seulement comme une championne reconnue, mais aussi comme une ambassadrice déterminée à ouvrir la voie à une nouvelle génération de jeunes sportifs, et particulièrement de jeunes sportives.
A travers le cross-country organisé par la Fondation Francine Niyonsaba, avec l’appui technique de la Fédération d’athlétisme du Burundi (FAB) et en collaboration avec PLAY International, un message a été placé au cœur de la compétition : « Toutes et Tous en sport ». L’événement, organisé dans le cadre de la Journée internationale de la fille, s’inscrit dans une ambition qui dépasse la performance sportive : faire du sport un espace où les filles peuvent prendre leur place, développer leurs capacités et envisager leur avenir avec confiance.

D’un parcours d’exception à un modèle accessible aux jeunes filles
Pour de nombreuses filles, se lancer dans le sport suppose parfois de dépasser plusieurs obstacles : les stéréotypes sur les disciplines considérées comme féminines ou masculines, le manque d’encouragement, les attentes familiales ou encore la difficulté à se sentir légitimes dans des espaces sportifs souvent dominés par les garçons. Le parcours de Francine Niyonsaba apporte une réponse concrète à ces représentations. Son histoire rappelle qu’une ambition sportive peut naître dans une communauté locale et grandir jusqu’aux plus grandes compétitions internationales. Elle a elle-même évoqué le stade de Ruyigi comme le lieu où elle a commencé à courir pieds nus, un souvenir qu’elle a partagé avec les jeunes pour les encourager à croire en leurs capacités et à persévérer.
Son message aux filles est sans équivoque : elles doivent fournir des efforts, croire en elles et ne pas se fixer de limites. Elle les invite non seulement à suivre son exemple, mais aussi à aller plus loin et à la dépasser.
Cette invitation porte une dimension essentielle en matière d’égalité de genre. Les filles ne doivent pas être considérées uniquement comme des participantes à intégrer aux activités sportives : elles sont des athlètes en devenir, capables de progresser, de gagner, de diriger et de représenter leur pays. Leur place dans le sport ne devrait dépendre ni des préjugés ni des attentes limitantes de leur entourage.

Les familles, des partenaires essentiels pour la pratique sportive des filles
L’engagement en faveur du sport féminin et de l’éducation ne peut reposer uniquement sur la motivation des jeunes filles. Il nécessite également un environnement favorable, dans lequel les parents et les communautés reconnaissent la valeur du sport dans le développement des enfants. A Ruyigi, Francine Niyonsaba a ainsi appelé les parents à laisser leurs enfants participer aux activités sportives. Derrière cet appel se trouve un enjeu important : les filles doivent pouvoir bénéficier du même soutien que les garçons pour s’entraîner, participer aux compétitions et développer leurs talents.
Encourager une fille à pratiquer le sport et aller à l’école, c’est lui permettre de renforcer sa confiance en elle, sa persévérance, son autonomie et sa capacité à travailler avec les autres. C’est aussi lui reconnaître le droit de choisir ses passions et de construire son propre projet d’avenir.
Pour que cette ambition devienne réalité, les familles, les écoles, les encadreurs sportifs et les communautés ont un rôle complémentaire à jouer. Il s’agit notamment d’encourager la participation des filles, de lutter contre les stéréotypes, de favoriser des environnements sportifs sûrs et inclusifs et de veiller à ce que les filles disposent des mêmes possibilités de progression que les garçons.
Toutes En Sport : transformer l’inspiration en possibilités concrètes
La mobilisation de Francine Niyonsaba comme ambassadrice internationale du projet Toutes En Sport (TES) contribue à donner une visibilité publique à ces enjeux. À travers son engagement, le projet peut s’appuyer sur une figure sportive burundaise reconnue pour porter des messages en faveur de la participation des filles, de leur confiance en elles et de leur droit à pratiquer le sport. Sa présence à Ruyigi a également permis de relier ces messages à une initiative sportive concrète. La compétition a rassemblé 117 athlètes issus de différents clubs et organisations sportives du Burundi, 72 ont terminé le parcours, dont 27 filles et 45 garçons. Les filles ont participé à une épreuve de 5 000 mètres, tandis que les garçons ont couru sur 10 000 mètres. A l’issue de la compétition, des prix ont été remis aux dix premiers de chaque catégorie, afin de récompenser leurs performances et d’encourager l’engagement, la persévérance et l’esprit de compétition. Ces chiffres témoignent de la participation effective des filles à l’événement. Ils rappellent aussi l’importance de poursuivre les efforts pour que leur présence dans le sport ne se limite pas à des occasions ponctuelles, mais s’inscrive dans la durée, grâce à l’accès régulier aux entraînements, à l’encadrement, aux infrastructures et aux compétitions.

Faire grandir une nouvelle génération de sportives
Francine Niyonsaba n’a pas seulement partagé le souvenir de ses débuts. Elle a rappelé aux jeunes que les parcours sportifs se construisent par la détermination, le travail et la persévérance. Son engagement auprès de la jeunesse s’inscrit également dans une démarche plus large de promotion de l’éducation et du sport menée par sa fondation.
Pour les filles présentes à cette compétition, son exemple peut contribuer à élargir l’horizon de ce qu’elles s’autorisent à imaginer. Pour les parents, son message invite à regarder le sport autrement : non comme une activité secondaire ou réservée aux garçons, mais comme une possibilité d’apprentissage, d’épanouissement et de développement pour chaque enfant.
Dans le cadre de Toutes En Sport, l’enjeu est désormais de faire vivre cette dynamique au-delà d’une seule journée : soutenir les filles dans la pratique régulière du sport, renforcer la mobilisation des familles et des communautés et favoriser des espaces sportifs où chacune et chacun peut participer, progresser et s’épanouir.
Parce qu’une fille encouragée aujourd’hui peut devenir la sportive, l’entraîneuse, la dirigeante ou le modèle de demain, promouvoir le sport féminin, c’est aussi investir dans les possibilités offertes aux générations futures.

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𝗘𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗴𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝘁𝗮𝗹𝗲𝗻𝘁𝘀 En remettant les prix aux athlètes lauréats, @FrancineNiyons4 a rappelé que le stade de Ruyigi est l’endroit où elle a commencé à courir pieds nus. Elle a ainsi encouragé les jeunes à faire preuve de détermination, affirmant que la persévérance permet d’aller loin dans la vie. Elle a également appelé les parents et les responsables des établissements scolaires à promouvoir les compétitions sportives, afin de détecter et de former de jeunes talents susceptibles de représenter le Burundi sur la scène internationale. Les dix premières filles et les dix premiers gavrçons ont été récompensés. Les premiers de chaque catégorie ont reçu chacun une enveloppe d’un million de francs burundais.
— RTNB (@RTNBurundi) October 12, 2026
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